La valeur hors du fil.
La compétence, sans mise en scène.
Pourquoi les meilleurs quittent LinkedIn
(et où ils vont, sans faire de bruit)
Pendant longtemps, le parcours professionnel avait une scène unique.
Un profil.
Un fil.
Des titres.
Des recommandations.
LinkedIn a joué ce rôle.
Il l’a même rendu incontournable.
Mais quelque chose s’est déplacé.
Pas brutalement.
Ni par rupture.
Plutôt par érosion silencieuse.
De plus en plus de professionnels compétents y restent… sans vraiment y croire.
Ils publient moins.
Ils lisent en diagonale.
Ils sentent que l’effort investi ne produit plus le signal attendu.
Le malaise ne vient pas d’un excès d’ego.
Il vient d’un décalage structurel.
Un modèle fondé sur la déclaration
LinkedIn repose sur une logique simple :
dire ce que l’on est,
afficher ce que l’on sait faire,
montrer que l’on existe.
Ce modèle fonctionnait tant que le déclaratif restait coûteux.
Écrire un post demandait un effort.
Formuler une expertise supposait une maîtrise réelle.
L’IA a fait sauter ce verrou.
Aujourd’hui, produire un discours lisse, crédible, conforme, ne coûte presque plus rien.
Le résultat est mécanique :
plus de contenu,
moins de signal.
Et surtout, un paradoxe rarement formulé :
le système récompense ce qui est le plus facile à générer.
Le conformisme comme stratégie de survie
Sur LinkedIn, chaque interaction est publique.
Chaque doute devient un risque.
Chaque question naïve une fragilité visible.
Alors on optimise.
On lisse.
On adopte les formats qui passent.
Ce n’est pas un défaut individuel.
C’est une conséquence directe de l’architecture.
Mais cette posture devient problématique à l’ère des agents IA.
Car ce que les agents remplacent le mieux,
ce n’est pas la compétence profonde,
c’est la compétence prévisible.
Ce que les agents ne regardent pas
Un agent ne “scroll” pas.
Il ne s’attarde pas sur un titre.
Il n’est pas impressionné par un badge.
Il cherche autre chose :
des preuves,
des traces de travail,
des artefacts vérifiables,
des décisions documentées.
Autrement dit :
pas un CV amélioré,
mais une réalité observable.
Et c’est là que le modèle LinkedIn montre ses limites.
Il est conçu comme une vitrine sociale.
Pas comme un registre de preuves.
Un déplacement discret, mais profond
Ce qui émerge n’est pas un nouveau réseau social.
Ce n’est même pas une “alternative à LinkedIn”.
C’est un changement de topographie.
Les agents n’ont pas besoin d’une interface sociale.
Ils ont besoin d’accéder à la donnée brute du travail réel.
Code.
Projets.
Publications.
Résultats mesurables.
Process documentés.
Le matching ne se fait plus par visibilité.
Il se fait par lisibilité.
Machine à machine.
Agent à agent.
Ce que cela change pour l’emploi
Le modèle de l’emploi ne disparaît pas.
Il se déplace.
La valeur ne se concentre plus dans un profil centralisé,
mais dans une infrastructure personnelle :
ce que vous produisez,
comment vous le documentez,
à quel point c’est vérifiable.
LinkedIn peut rester un point de passage.
Il devient de moins en moins un point d’ancrage.
Pourquoi nous ne construisons pas des agents “LinkedIn-compatible”
Chez Youpi, un choix s’est imposé progressivement.
Les agents que nous construisons ne sont pas conçus pour optimiser une présence sociale.
Ils sont conçus pour lire, structurer et relier le réel.
Pas pour embellir un profil.
Pas pour produire du consensus.
Mais pour rendre visibles des preuves.
Et faciliter des décisions.
Ce n’est pas une promesse d’avenir.
C’est une contrainte technique très concrète.
Les agents n’aiment pas les interfaces vitrines.
Ils préfèrent les systèmes lisibles.
La vraie question n’est peut-être pas :
« Est-ce que LinkedIn va disparaître ? »
Mais plutôt :
« Quand les décisions de recrutement passeront de plus en plus par des agents,
qu’est-ce qu’ils verront réellement de vous ? »
La réponse ne se joue pas dans un fil d’actualité.
Elle se construit ailleurs.
Calmement.
Dans la durée.
Peut-être que LinkedIn ne disparaîtra pas.
Mais si demain un agent doit vous recommander, qu’est-ce qu’il aura vraiment à lire : un profil… ou des preuves ?
Avec .love


