Le diplôme.
Former à penser.
En dix minutes, un étudiant peut aujourd’hui produire un devoir parfaitement présentable.
Pas brillant. Pas faux. Juste… propre.
Ce n’est pas une anecdote. C’est un symptôme.
Quand la production devient facile, le signal se brouille.
Et quand le signal se brouille, tout ce qui reposait sur ce signal commence à douter : les notes, les diplômes, les candidatures, parfois même l’idée de “faire des études”.
On entend alors une phrase radicale :
“L’IA détruit l’économie de la connaissance.”
Je crois que la réalité est plus simple, et plus dérangeante.
L’IA ne détruit pas la connaissance.
Elle rend surtout la connaissance abondante. Et donc moins chère.
La vraie question devient : qu’est-ce qui garde de la valeur, quand tout le monde peut produire un texte correct, un plan cohérent, une synthèse lisible ?
Je vois trois couches.
La première, c’est savoir : des faits, des définitions, des notions.
Cette couche devient accessible en permanence.
La deuxième, c’est comprendre : relier, expliquer, contextualiser, distinguer le solide du plausible.
L’IA peut aider, mais seulement si on lui donne du contexte et si on garde un esprit de vérification.
La troisième, c’est juger : choisir, arbitrer, assumer.
C’est la couche la plus concrète. Celle où une décision produit des conséquences.
Dans une économie saturée de contenu, la valeur se déplace naturellement vers cette troisième couche.
Et c’est là que le sujet des études devient intéressant.
Si un diplôme n’est qu’un tampon sur un résultat final, il perd mécaniquement de sa force.
Parce qu’un résultat final, aujourd’hui, se fabrique.
Mais si un diplôme redevient la preuve d’une méthode — une rigueur, une capacité à raisonner, à citer, à douter proprement, à construire un chemin — alors il redevient précieux.
Pas comme une décoration. Comme un indicateur de fiabilité.
Le problème n’est pas “faut-il encore apprendre ?”.
Le problème, c’est : qu’est-ce qu’on mesure quand on dit qu’on a appris ?
Dans ce contexte, notre travail autour de Youpi.love dans des institutions éducatives prend un sens très concret.
Pas pour “mettre de l’IA à l’école”.
Mais pour rendre visibles les éléments qui comptent vraiment quand le texte devient facile :
d’où vient une affirmation,
ce qui est certain vs ce qui est probable,
le raisonnement, pas seulement la conclusion,
la cohérence d’ensemble, pas l’effet de style.
Autrement dit : ramener de la clarté là où le bruit augmente.
Je ne pense pas que les études disparaissent.
Je pense qu’elles sont forcées de redevenir ce qu’elles n’auraient jamais dû cesser d’être : un apprentissage de la pensée, pas une production de rendus.
Et je me garde bien de conclure à votre place.
Mais je vous laisse une question simple, parce qu’elle change beaucoup de choses :
Cherchez-vous à accumuler de la connaissance… ou à construire du jugement ?
Quand la connaissance devient abondante,
la clarté devient une responsabilité.
Avec .love



Je partage l'école de la pensée plutôt que du rendu.
Ceci dit, cela s'applique mieux pour le niveau supérieur des études.
Car pour penser, il faut avant tout emmagasiner des connaissances.
Ce travail d'appropriation conduit à un esprit critique.
Je t'invite à lire une de mes dernières nouvelles qui traite en parallèle de cette question.
https://humanishuman.substack.com/p/le-courage-de-lincertitude
Côté candidatures, ça va être sport : lettres et CV “propres” vont devenir le minimum.
La différenciation reviendra sur des preuves plus difficiles à fabriquer : portfolio, décisions commentées, traces de raisonnement, erreurs expliquées, apprentissages assumés.
Un candidat qui montre comment il pense vaut plus qu’un candidat qui écrit bien. Et ça pousse aussi les recruteurs à évoluer : arrêter de filtrer sur la forme, et tester la méthode.
Je pense que les nouveaux outils Youpi, principalement les agents, devraient répondre à ces demandes